L’espoir et l’optimisme ont un impact sur la motivation et la résilience. C’est ce que révèlent les recherches de Charles Martin-Krumm. En étudiant les fondements historiques et théologiques de l’espoir, on s’aperçoit que l’espoir est d’abord appréhendé comme un phénomène passif, soumis à une intervention extérieure, voire divine. Dans les années 1950, le concept d’espoir a fait son apparition en psychologie clinique. Ce n’est que depuis les années 1990, avec l’émergence de la psychologie positive, que la communauté scientifique considère l’espoir, non plus comme un phénomène passif, mais comme une vertu, une force de caractère, dont l’origine se trouve en grande partie dans l’individu lui-même. Nous pouvons aujourd’hui définir l’espoir comme un processus psychologique actif, nécessitant la détermination par l’individu d’objectifs importants pour lui, la mise en oeuvre de moyens et de ressources pour atteindre ces objectifs, et le développement d’une motivation suffisante pour y parvenir.

“L’espoir n’est pas une émotion fugace indépendante de tout contrôle.”

Si l’espoir est un trait de personnalité relativement général, il est possible toutefois de développer différents niveaux d’espoir, selon que l’on se réfère à tel ou tel domaine de vie (le sport, le travail, les relations amoureuses, les relations sociales), voire à une situation spécifique. En cela, nous pouvons parler “d’espoir d’état” dans l’ici et le maintenant. En revanche, il est possible aussi d’envisager un niveau plus général de l’espoir, très proche de la variable de personnalité. Nous parlons alors “d’espoir de trait.”

Les recherches de Charles Martin-Krumm et ses équipes portent surtout sur deux choses. La première concerne la part imputable respectivement à l’espoir de trait et à l’espoir d’état, dans la performance. En d’autres termes, le fait de disposer d’un haut niveau d’espoir “général” permet-il d’être plus performant dans différents types d’activités, ou bien est-il plus important de développer un haut niveau d’espoir dans un domaine d’activité, ou dans une certaine situation, pour y être plus performant? Le deuxième champ d’investigation concerne l’identification de variables intermédiaires intervenant dans la relation espoir-performance. Avec la résilience aujourd’hui, nous cherchons à comprendre comment l’espoir influence la performance physique et la capacité des individus à rebondir après un échec. L’hypothèse est que les individus ayant un haut niveau d’espoir sont plus aptes à faire face à l’échec, en trouvant des solutions alternatives et des sources de motivation pour rebondir après une performance perçue comme mauvaise. 

Charles Matin-Krumm est enseignant chercheur en psychologie positive. Professeur à l’université européenne de bretagne (France) et également président de l’Association Française et Francophone de psychologie positive. Ses recherches ont montré l’influence de l’espoir et de l’optimisme sur la motivation et la résilience. Les résultats sont rassemblés dans le traité de psychologie positive (Martin-Krumm & Tarquinio, 2011)

Fabien Fenouillet (Université Paris Nanterre) est professeur de psychologie cognitive et collabore avec Charles Martin-Krumm. Il étudie l’influence de la motivation et du bien-être sur les mécanismes cognitifs.